Jean François CHAMPOLLION (dit le Jeune)et Figeac

Jean François CHAMPOLLION (dit le Jeune)



        Le Lot en plus de ses Merveilles souterraines, peut s’enorgueillir d’avoir vu naître bons nombres de personnages célèbres : Le poète: Clément MAROT 1496 à Cahors – Le Maréchal de France, Roi de Naples:Joachim MURAT 1767 à Labastide–Fortunière (aujourd’hui Labastide Murat) - L’avocat et homme politique: Léon GAMBETTA 1838 à Cahors – L’acteur de cinéma aux U S A: Charles BOYER 1899 à Figeac et surtout les frères CHAMPOLLION:
        Jacques-Joseph (dit Champollion Figeac) 1778 à Figeac – Bonapartiste convaincu (il fut secrétaire de Napoléon pendant les 100 jours), il partagea très vite sa passion de l’Égyptologie et usa de sa position pour aider son frère. Il fut successivement Archéologue, professeur à la faculté des lettres de Grenoble, Conservateur des manuscrits à la Bibliothèque Royale, professeur de Paléographie à l’École des chartes puis destitué par la République en 1848. Il mourut à Fontainebleau en 1867.

Place des Écritures à Figeac







        Jean François (dit le jeune) est né en pleine révolution, dans le Quercy, à Figeac –Lot- rue de la Boudousquairie le 23 décembre 1790. Il est le septième et dernier enfant de la famille Champollion.
        Son père Jacques est né le 10.02.1744 à La Roche des Engelas commune de Valjouffrey arrondissement de Grenoble. (La famille Champollion habite cette région depuis près de 200 ans.) Il est décédé le 31.01.1821 à Figeac. Son métier de colporteur ambulant, (il vend entre autres des livres et des objets religieux) le conduit à Figeac en 1770. En 1772, il achète une maison et ouvre une librairie. Cette maison qui fut la maison natale de Jean François Champollion est aujourd’hui devenue un Musée qui retrace sa vie, son travail, elle contient des manuscrits, des éditions originales, un dictionnaire des hiéroglyphes, rites et croyances funéraires, momie, sarcophages etc... Quelques mètres plus loin, la place des Écritures (reproduction géante de la pierre de Rosette).
        Le 23 janvier 1773, Jacques se marie avec Jeanne Françoise GUALIEU née en 1744 à Figeac fille de Jacques GUALIEU et de Marie TEULIE vieille famille de tisserand de Figeac. « Une légende veut que sa mère au printemps de 1790, se faisant soulager de douleurs rhumatismales par un rebouteux, celui-ci lui déclara: dans quelques jours vous serez guérie et à la fin de l’année, vous mettrez au monde un bel enfant qui sera la lumière des siècles a venir. »

Acte de naissance
L’abbé Bousquet de Notre Dame du Puy inscrit dans le registre paroissial:
L’an mille sept cent quatre-vingt-dix et le vingt et troisième jour du mois de décembre, a été
baptisé Jean François Champollion, né le même jour, du légitime mariage de M. Jacques
Champollion, marchand libraire, et de demoiselle Françoise Gualieu de cette paroisse.



        L’ambiance de la librairie y est-elle pour quelque chose? Jean François apprend à lire seul sur les missels, il a 5 ans. Son frère Jacques Joseph étant également son parrain est chargé de son éducation jusqu’en 1798 ou celui ci est envoyé à Grenoble.
        En septembre de la même année Jean François va à l’école de Figeac, il n’est pas très bon élève, ces résultats en mathématiques sont mauvais (plus tard il se fera aider par son frère Jacques Joseph pour le calcul de la chronologie du règne des Pharaons). L’abbé Calmels lui sert de professeur, comme à son frère, et lui enseigne la géologie, la botanique, le latin et le grec. Il lit Virgile et Homère dans le texte, il n’a pas encore onze ans.
        Au début de l’année 1801 son frère Jacques Joseph l’inscrit à l’école de la circonscription pour y suivre les cours du botaniste Villars et ceux du dessinateur Jay. Il travaille à combler ses lacunes scolaires avec un professeur particulier et en automne 1801 Napoléon ayant réformé l’enseignement et attribué des bourses d’études, il entre dans l’institution de l’abbé Dessert. Au mois de décembre, il a l’autorisation d’apprendre l’hébreu.
        En avril 1802 Napoléon nomme un nouveau préfet, Joseph Fournier qui a pris part à l’expédition d’Égypte, il a ramené de son voyage une collection d’objets qui éblouissent et fascinent les deux frères. Jacques Joseph est secrétaire particulier du préfet. Celui -ci deviendra le protecteur de Jean François. Dés lors il étudie outre l’hébreu, le chaldéen, le cyrillique, le syriaque et l’arabe.
        En 1804 il rédige un ouvrage «Remarque sur la fable des géant » d’après les étymologies hébraïques. Il n’a que 14 ans.
        Le 20 novembre 1804 Jean François est admis dans un nouveau lycée créé par Napoléon, il y étudie une grammaire chinoise, se perfectionne en arabe et débute l’éthiopien.
        En 1805 il fait à Grenoble la rencontre d’un moine syrien d’Égypte Raphaël de Monarchis. Revenu avec l’armée de Napoléon il incite Jean François a apprendre l’éthiopien et surtout le copte. Jacques Joseph fait une communication sur la pierre de Rosette
        En 1807 à Grenoble, il est élu membre de l’Académie des Arts et Sciences, il note déjà que le copte et les hiéroglyphes ne sont que des formes différentes d’une seule et même langue.
        Jean François part ensuite à Paris à l’école des langues vivantes orientales, il y suivra les cours de Raphaël de Monachis pour l’arabe, de Louis-Mathieu Langlès pour le chinois, de Sylvestre de Sacy pour l’arabe et le persan et de Prosper Audran pour l’hébreu, le syriaque et l’araméen.
        En 1809 il étudie une copie de la Pierre de Rosette, très vite il veut maîtriser parfaitement le copte, (l’ancienne langue des premiers chrétiens d’Égypte) pour ce-faire il rédige un dictionnaire copte. Il est nommé Docteur ès lettres.
        Grâce à l’intervention de Joseph Fournier, un décret spécial de Napoléon le dispense de la conscription.
        En 1810 retour auprès de son frère, en octobre il le fait nommé professeur d’histoire ancienne à l’Université de Grenoble. Il n’a que 20 ans.
        En 1814 il publie « l’Égypte sous les Pharaons » (2 tomes)
        En 1815 Jean François veut faire éditer une grammaire et le dictionnaire Copte, son frère qui est secrétaire de Napoléon obtient de celui-ci d’intervenir auprès de l’institut d’Égypte qui a fondé. Mais la défaite de Waterloo va modifier les données.
        En 1816 les frères Champollion sont jetés quelque temps en prison, puis en mars 1816, c’est l’exil à Figeac jusqu’en 1817. Il se consacre à la musique et surtout à l’archéologie locale. Il décide pendant cette période de fonder une école à Figeac, mais son départ pour Grenoble le 21 octobre l’en empêche. Il retrouve son poste de professeur d’histoire et un poste de bibliothécaire.

Obélisque de Figeac Tombe de la famille Champollion à Figeac


        Le 31 décembre 1818 à Grenoble il épouse Rose BLANC née le 23 pluviôses an II à Grenoble fille de Claude BLANC et de Rose BARTHÉLEMY, de cette union naîtra le 1° mars 1824 une fille « Zoraïde »
        En 1821 au mois de mars il est considéré comme agitateur dangereux dans l’insurrection libérale, il est contraint de quitter Grenoble et rejoint son frère à Paris le 11 juillet, celui-ci est devenu secrétaire particulier de Joseph Dacier (secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres) vu ses travaux on lui accorde la caution scientifique de l’Académie.
        « Je tiens l’affaire ! » Il se précipite hors de son cabinet pour annoncer sa découverte, et épuisé tombe dans un coma qui durera 5 jours. Le 22 septembre 1822 il présente à l’Académie des Belles Lettres la « lettre à M. Dacier » c’est un traité relatif à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques.
        En 1824 (en juin) il part pour l’Italie pour un long voyage ou il étudie dans tous les musées et bibliothèques italien, des papyrus et autres inscriptions sur des obélisques, des poteries etc...
        Le 15 juin 1825 il est reçu par le pape Léon XII. De passage à Livourne, Jean François remarque une magnifique collection d’antiquités égyptienne mise en vente par le consul anglais Henry Salt. A sa demande Charles X achète la collection. Du 15 mars au 15 juillet il supervise le retour de la collection en France.
        En 1826 il est nommé conservateur de la section égyptienne du Louvre, et il assure à ce titre un cour public et gratuit d’archéologie.
        Le 26 avril 1828 Charles X accorde à Jean François de partir en voyage d’étude en Égypte
        Le 31 juillet 1828 à midi l’équipe de Champollion quitte Toulon sur la corvette Eglé, dix-sept jours plus tard il arrive enfin dans ce pays si aimé. Malgré la goutte qui le cloue de plus en plus au lit il va passer dix-huit mois à sillonner l’Égypte Louksor, Thèbes, Karnak, la Nubie etc... c’est vraisemblablement en adoptant les coutumes Égyptiennes et en se désaltérant de l’eau du Nil qu’il va contracter les maux qui vont précipiter sa fin.

Champollion l’Égyptien Tableau de l’expédition de Champollion en Égypte
peint par Angelelli en 1836 – Musée de Florence -


        Le 5 mars 1830 il est de retour à Paris et se met à rédiger la « grammaire Égyptienne »
        Le 12 mars il enseigne l’archéologie au collège de France.
        Le 7 mai il est nommé à l’Académie des Belles Lettres ;
        Le 13 décembre 1831 il a une première attaque.
        Le 13 janvier 1832 il a une deuxième attaque.
        Le 4 mars 1832 il s’éteint à l’âge de 41 ans.

        Son frère Jacques-Joseph (dit Figeac) publia après la mort de jean François : Lettres écrites d’Égypte et de Nubie – Grammaire Égyptienne – Dictionnaire Égyptien en écriture hiéroglyphique - La pierre de Rosette: C’est en faisant des travaux pour la construction d’un fort à Rosette (près d’Alexandrie) que l’officier Pierre François BOUCHARD trouve cette fameuse pierre dans un mur. Il la fait transporter aux savants de l’Institut du Caire.

La pierre de Rosette


        Elle comporte une partie d’un décret du roi Ptolémée V (196 av J.C) le texte est écris en trois langues – hiéroglyphes – démotique et grec.
        Lors de la capitulation française en 1801 la pierre est saisie comme butin de guerre parmi d’autres pièces par les Anglais. Les Français en ayant pris des estampes, ils en envoyèrent à tous les savants d’Europe. C’est sur une de ces estampes que Jean François Champollion travailla.
        La pierre de Rosette originale est conservée au British Muséum.

        Références utilisées : Généalogie de Jean François Champollion par M. Marcel VIEUX de la Morte –Isère- Champollion l’égyptien de Christian Jacq – Les cahiers de Science et Vie n° 40 –8/1997 – Le musée Champollion de Figeac – Internet -